Il y a des marques qui dominent le football à coups de contrats XXL et de campagnes mondiales. Et puis il y a celles qui apparaissent dans le décor au meilleur moment, laissent une empreinte esthétique, une histoire, un parfum de contre-culture… avant de disparaître, puis de revenir par la porte de la nostalgie. PONY, c’est exactement ça : une griffe née à New York, passée par les crampons de légendes et les maillots les plus “années 90” de Premier League, et aujourd’hui devenue un terrain de chasse privilégié pour les fans de vintage.
“Product of New York” : une marque née à Manhattan, pensée comme un défi
PONY n’est pas un nom choisi au hasard : c’est l’acronyme de “Product of New York”. Une déclaration d’identité plus qu’un slogan. La marque est fondée en 1972 à New York (Madison Avenue) par Roberto Muller, avec un soutien financier associé à Horst Dassler (liée à l’univers adidas dans les récits historiques de la marque).
Dans les années 70-80, PONY prend une ampleur énorme dans le sportswear (notamment via d’autres sports US), au point que certaines sources situent ses ventes jusqu’à 800 millions de dollars au milieu des années 80 — un chiffre qui rappelle que la marque a, un temps, joué dans la cour des très grands.
Ce qui rend PONY intéressante pour le football, c’est justement ça : une marque américaine, avec une énergie très “NYC”, qui vient se frotter à un sport encore en quête de place sur le marché américain… et qui va trouver une fenêtre historique.
Le déclic “soccer” : quand Pelé porte PONY au Cosmos
Si tu veux comprendre l’impact de PONY dans le foot, il faut rembobiner vers l’ère NASL. Le football devient un show aux États-Unis, et Pelé est l’aimant absolu.
Des pièces de collection et descriptions de ventes aux enchères attestent l’existence de crampons PONY attribués à Pelé, portés lors de sa période au New York Cosmos (saison 1976).
Et il y a un détail qui raconte parfaitement l’époque : pour célébrer le 1 250e but de Pelé (inscrit le 14 juillet 1976), PONY lui a remis une réplique dorée d’un crampon, présentée comme un trophée/objet hommage. On retrouve cet élément dans des catalogues et lots de ventes de memorabilia sportive.
Est-ce que ça a renversé le marché des chaussures de foot ? Non. Mais en termes d’image, c’est énorme : PONY s’offre une scène mondiale en s’attachant à l’icône la plus universelle du jeu, dans un moment où le “soccer” cherche encore sa légitimité de l’autre côté de l’Atlantique.
De la chaussure au maillot : PONY devient équipementier (et pose des jalons en Europe)
PONY ne s’est pas contentée d’exister “aux pieds”. La marque va aussi s’inviter sur le textile, et donc sur l’objet le plus sacré du supporter : le maillot.
Un exemple marquant — et souvent sous-estimé en France : le Paris Saint-Germain a porté Pony sur la saison 1977-1978, avec des variantes home/away recensées dans les archives de maillots.
Pour les collectionneurs, c’est un point clé : PONY n’est pas seulement un délire Premier League des années 90. Son empreinte est plus large, plus ancienne, et touche aussi à l’histoire des clubs européens.
Les années 90 : PONY trouve son âge d’or “maillots” en Angleterre
Là où PONY devient vraiment culte pour les fans de vintage, c’est dans les années 90, quand la marque équipe des clubs britanniques au style immédiatement reconnaissable.
Tottenham : le logo PONY au cœur d’une esthétique 90s iconique
Tottenham fait partie des associations les plus mémorables. Le club vend encore aujourd’hui des rééditions rétro estampillées Pony, notamment autour du maillot domicile 1995 et d’autres pièces de la période.
Ce n’est pas anodin : si un club remet une pièce au goût du jour via sa boutique officielle, c’est que le design a laissé une trace durable dans la mémoire collective.
West Ham : Pony, un fournisseur durable sur plusieurs saisons
De son côté, West Ham affiche une période clairement identifiée : Pony est listé comme équipementier de 1993 à 1999 dans des bases de données d’historique de maillots.
Et là, on tombe sur un filon fantastique pour le marché seconde main : les maillots Pony de West Ham, surtout ceux du milieu des années 90, concentrent tout ce que les collectionneurs aiment : storytelling (le club, l’époque), esthétique marquée, et rareté variable selon les versions (manches longues, patchs, sponsors, etc.).
Pourquoi les maillots PONY sont devenus “collectors” (même chez ceux qui n’ont pas connu l’époque)
On parle souvent de “maillots vintage” comme si tout se valait. Faux. Certains fabricants ont une signature visuelle qui dépasse les résultats sportifs.
PONY, c’est :
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un branding très lisible (logo assumé, souvent bien intégré)
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des coupes et détails typiques des 90s (cols, empiècements, manches graphiques, etc.)
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une esthétique “Premier League rétro” instantanément identifiable — celle qui revient dans la mode actuelle, entre culture terraces et revival 90s.
Le meilleur indicateur de cet impact ? Les rééditions et la demande continue : par exemple, Tottenham propose des références Pony rétro (home/away) qui capitalisent explicitement sur ce goût pour l’époque.
Disparition, rachats, renaissance : comment PONY revient par la porte du rétro
Comme beaucoup de marques historiques, PONY a connu des changements de propriétaires et des relances. Ce qui est sûr (et documenté), c’est le virage “brand management” :
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2015 : Iconix acquiert les droits nord-américains de PONY (annonce officielle via communiqué).
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2022 : Iconix International finalise l’acquisition des droits mondiaux (hors Chine et Taïwan) auprès de Symphony Holdings, avec l’objectif affiché d’unifier la marque au niveau global.
Et ce retour se lit surtout dans le produit : des drops rétro, des rééditions officielles de maillots, et une réactivation du patrimoine, très orientée “archive”.
Chiner du PONY en seconde main : 6 conseils pour acheter juste (et éviter les confusions)
Sur le marché vintage, PONY a une particularité : il existe des originaux et des rééditions officielles, parfois très proches visuellement. Donc l’objectif n’est pas “éviter les rééditions” (elles sont légitimes), mais payer le bon prix pour le bon objet.
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Regarde l’étiquette intérieure et les infos de fabrication
Années 90 = typographies, compositions, finitions qui trahissent l’époque (polyester, labels, pays de fabrication, etc.). -
Compare le design à des historiques de maillots
Les archives de kits (par club et saison) sont très utiles pour vérifier un template, un sponsor, un col. -
Vérifie la cohérence sponsor + saison
Sur certaines périodes, un sponsor change vite. Un sponsor “hors saison” peut signaler une customisation. -
Attention aux “templates” et flocages ajoutés
Certains maillots vierges d’époque sont floqués après coup (parfois proprement, parfois non). À toi de décider si tu collectionnes l’objet “match-like” ou l’objet “textile d’époque”. -
Demande des photos macro
Logo Pony, broderies, coutures, trame du tissu : c’est là que tu reconnais la pièce. -
Achète chez des vendeurs qui distinguent clairement authentique et réédition
Certaines boutiques spécialisées expliquent explicitement quand il s’agit d’une réédition vs un original, et mettent en avant leurs process d’authentification.
L’impact de PONY, en une phrase
PONY n’a pas dominé le football comme Nike ou adidas — mais elle a marqué l’imaginaire vintage :
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par un moment “mythique” lié à Pelé et à l’ère NASL,
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par des maillots devenus cultes (Spurs, West Ham, PSG…),
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et par une renaissance moderne qui transforme ces pièces en objets désirables sur le marché seconde main.
FAQ
PONY veut dire quoi ?
PONY est l’acronyme de “Product of New York”, une référence directe à ses origines new-yorkaises.
PONY a-t-il vraiment un lien avec Pelé ?
Oui : des lots de collection et ventes aux enchères mentionnent des crampons Pony attribués à Pelé (Cosmos, 1976) et une réplique dorée offerte pour son 1 250e but.
Quels clubs anglais ont porté PONY dans les années 90 ?
Parmi les plus marquants : Tottenham (références rétro officielles) et West Ham (Pony listé comme équipementier 1993–1999).