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Kylian Mbappé chez On : une signature historique

Kylian Mbappé chez On : une signature historique

Mbappé chez On : une signature historique qui peut rebattre les cartes du football

En quittant Nike pour rejoindre On, Kylian Mbappé fait davantage que changer d’équipementier. Ambassadeur, futur actionnaire et partenaire du développement des produits, le Français devient une figure centrale de l’entrée de la marque suisse dans le football. Un rapprochement qui pourrait transformer On — et faire évoluer la relation entre les grandes stars et les marques qui les équipent.

Il existe des signatures qui enrichissent un portefeuille d’ambassadeurs. Et d’autres qui donnent une nouvelle direction à une entreprise. Celle officialisée le 18 septembre 2026 entre Kylian Mbappé et On appartient, par son ambition, à la seconde catégorie : l’équipementier suisse annonce son arrivée dans le football avec l’attaquant du Real Madrid et capitaine des Bleus comme tête d’affiche.

La question n’est donc pas seulement de savoir quelles chaussures Mbappé portera demain. Elle est de comprendre ce qu’une marque peut construire lorsqu’une telle personnalité participe, dès le départ, à l’écriture de son histoire dans un nouveau sport.

Une rupture symbolique avec Nike

Pour mesurer la portée de cette signature, il faut rappeler la profondeur du lien entre Mbappé et Nike. La marque américaine l’accompagnait depuis ses débuts et avait fait de lui l’un des visages majeurs de son avenir dans le football. Son contrat a finalement expiré le 31 juillet 2026, ouvrant la voie à ce changement d’équipementier.

Le départ est donc symboliquement puissant : une star associée à la continuité d’un géant choisit de participer à la construction d’un concurrent.

Les grands changements de sponsors ne sont évidemment pas nouveaux. Neymar avait notamment rejoint Puma en 2020. Mais cette dernière possédait déjà une longue histoire dans le football, incarnée par ses chaussures et ses anciennes légendes.

La singularité du projet Mbappé-On se situe ailleurs : le Français ne vient pas simplement renforcer une gamme existante. Il doit contribuer à concevoir et tester les futurs équipements d’une marque qui débute dans cette discipline. Il rejoint moins un héritage qu’un chantier.

C’est en ce sens que la signature est historique pour On : elle associe immédiatement son entrée dans le football à un joueur capable d’en incarner les ambitions.

Pour On, l’occasion de changer de dimension

Présenter On comme une petite marque inconnue serait pourtant trompeur. L’entreprise a dépassé les 3 milliards de francs suisses de chiffre d’affaires en 2025, avec une progression annuelle de 30 %. Elle dispose donc déjà d’une puissance commerciale importante avant cette offensive dans le football.

Mbappé pourrait cependant lui apporter quelque chose qu’une croissance financière ne garantit pas : une place dans l’imaginaire d’un nouveau public.

Pour un jeune footballeur, une chaussure n’est pas uniquement un produit technique. Elle peut aussi représenter une manière de jouer, une personnalité, une ambition. Le pari marketing est alors facile à comprendre : faire découvrir On par le joueur que l’on admire, puis donner envie de rester pour les produits.

Cette exposition pourrait bénéficier à bien davantage qu’aux crampons. Selon le Financial Times, les projets de la marque comprennent également des tenues de football, puis des produits destinés à être portés au quotidien. L’ambition dépasse donc la conquête d’un rayon spécialisé : elle consiste à développer un univers autour du football.

Le potentiel est considérable. Mais il repose sur une condition : transformer l’attention suscitée par Mbappé en intérêt durable pour On. Faire connaître un logo et faire préférer une marque sont deux victoires différentes.

Mbappé ne change pas seulement de marque : il change de place dans le projet

Selon L’Équipe, l’accord porte sur dix ans et prévoit une rémunération combinant argent et actions. Son montant financier n’a pas été révélé. Le joueur doit également participer à la création de la gamme de football.

Cette dimension entrepreneuriale est essentielle. Une rémunération en actions peut lier une partie de l’intérêt économique du sportif à la réussite de l’entreprise elle-même, au-delà du montant de son contrat publicitaire. Le joueur devient alors un partenaire du projet, sans que cela signifie nécessairement qu’il dispose du pouvoir de diriger la marque.

On avait déjà emprunté cette voie avec Roger Federer, devenu copropriétaire en 2019 et associé au développement des produits ainsi qu’aux initiatives marketing. Mbappé s’inscrit donc dans une philosophie existante : faire de certains athlètes des contributeurs à l’entreprise, plutôt que de simples supports de communication.

Attention, toutefois, à ne pas annoncer trop vite un équivalent footballistique de Jordan Brand. L’Équipe précise qu’aucune sous-marque « Kylian Mbappé » n’était prévue à court terme au moment de l’annonce. La portée entrepreneuriale de l’accord est réelle ; son évolution commerciale reste à construire.

La véritable révolution devra se trouver dans la chaussure

Une signature peut créer un événement. Pour modifier durablement un marché, elle doit déboucher sur des produits convaincants.

On mise notamment sur LightSpray, une technologie présentée en 2024 dans la course à pied. Son principe consiste à fabriquer la partie supérieure de la chaussure par un procédé automatisé de pulvérisation, plutôt que par un assemblage classique de multiples pièces. La marque met en avant une construction légère, fine et sans coutures.

L’enjeu consiste désormais à adapter cette approche aux exigences du football. On présente ses futurs crampons comme une proposition minimaliste, développée avec les retours des joueurs et des joueuses.

Sur le papier, l’association est séduisante : un attaquant dont le jeu évoque la vitesse et une marque qui veut repenser la construction de la chaussure. Mais une cohérence publicitaire ne constitue pas une preuve de supériorité technique.

Pour convaincre, les produits devront tenir leurs promesses dans les accélérations, les changements de direction, le toucher de balle et la répétition des efforts. Il faudra aussi répondre à des questions moins spectaculaires, mais décisives : le confort, la résistance, les différentes formes de pieds et l’usage sur plusieurs types de terrains.

Les premiers produits de football sont attendus en 2027. Il faut donc distinguer le retentissement immédiat de l’annonce et la transformation effective du marché, qui dépendra de leur lancement puis de leur adoption.

Avec Henry et Schertenleib, On veut construire plus qu’une campagne

Autre élément important : Mbappé n’est pas seul. Thierry Henry devient directeur du football, après avoir travaillé avec On depuis la fin de 2025 sur cette entrée dans la discipline. L’internationale suisse du FC Barcelone Sydney Schertenleib participe également au projet et au développement des équipements.

Cette organisation donne une autre lecture de l’opération. On ne présente pas uniquement une célébrité devant un nouveau logo : la marque cherche à réunir une expérience du jeu, une direction sportive et des retours de terrain.

La présence de Schertenleib mérite notamment d’être soulignée. Son partenariat, commencé en décembre 2025, est élargi à cette nouvelle étape dans le football. Le projet intègre donc une joueuse dès sa phase de construction, et pas uniquement lors d’une campagne ultérieure.

L’intérêt stratégique est clair : bâtir une offre pour le football masculin et féminin dès l’origine pourrait permettre à On de mieux différencier ses produits. Encore faudra-t-il que cette intention se traduise concrètement dans leur conception.

Ce que cette signature peut vraiment changer dans le football

La révolution potentielle ne concerne pas les règles du jeu. Elle concerne surtout la concurrence entre équipementiers, la place économique des athlètes et la manière de développer les produits.

Si On réussit son entrée, elle pourrait démontrer qu’une marque peut devenir crédible dans le football sans reproduire exactement la trajectoire des acteurs historiques. Une identité forte, une innovation pertinente et quelques partenaires bien choisis pourraient constituer une autre voie.

Le partenariat pourrait aussi encourager davantage de sportifs à négocier autre chose qu’un cachet : une participation au capital, une implication dans la conception ou une place plus importante dans les décisions concernant leur univers commercial. Le modèle n’est pas nouveau, mais une réussite visible pourrait renforcer son attrait.

Enfin, une concurrence supplémentaire pourrait pousser les marques à mieux justifier leurs promesses techniques. Cela ne garantirait ni une baisse des prix ni des progrès automatiques. Mais cela créerait une raison supplémentaire de proposer une différence tangible, plutôt qu’un nouveau discours autour d’un produit semblable.

Pour On, le principal défi commence donc maintenant. Il faudra convaincre les distributeurs, satisfaire les joueurs amateurs, développer une gamme cohérente et fidéliser des clients qui n’achèteront pas éternellement sur la seule force d’un nom.

Cette signature est déjà un tournant historique pour On. Elle ne deviendra une révolution pour le football que si la promesse dépasse l’affiche publicitaire.

Mbappé apporte le projecteur. À la marque, désormais, de prouver qu’elle mérite la lumière.

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